Le Trop Beau pour vous

Le trop beau est tellement beau… Imaginez un peu le regard perçant de Jude Law, la perfection nasale et rectiligne de Matthew Fox, la sensualité buccale de George Clooney, la tignasse léonine de Patrick Dempsey, le torse made in Tablerone de Zidane, les cuisses galbées de Yannick Noah (aaargh), les fesses fermes et appétissantes de Julian Mac Mahon. Même pris séparément, ces trop beaux-là sont résolument trop beaux... pour vous !
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Inspirez…. Expirez… Inspirez… Expirez… Vous venez d’entrapercevoir un trop beau… (hélas) pour vous ! Il existe. Dieu a inventé le trop beau juste pour vous faire flipper.

Ne vous emballez pas si vous avez rendez-vous avec un trop beau, c’est précisément parce que votre boss vous l’a ordonné. Pas d’énervement. Pas de cris hystériques. Pas de mouvements désordonnés. Tout va bien se passer. Sans douleur.

Vous êtes en face d’un trop beau pour vous qui après renseignement n’est ni marié ni névrosé ni homosexuel. Le trop beau pour vous est un spécimen rare. Il évolue et se traque dans le milieu professionnel (ne le cherchez surtout pas dans votre entourage amical car il ne le resterait pas longtemps, amical le milieu !).

Vous fondez sur place, c’est une histoire de phéromones, un truc que le trop beau a appris à manier dès la naissance. Et le trop beau, il stocke les féromones plus que les autres mâles. C’est comme ça. Il les camoufle derrière un dosage subtilement fragrancée de 1881 (Nino C., toi, tu sais depuis toujours le mystère du papillon…).

Le trop beau n’est jamais pauvre. C’est un fait établi et irrévocable par les sociétés de sondage Ipsos et Médiamétrie (pour une fois ils sont d’accord !) Ça gâchera ses fossettes : au choix à la Kirk Douglas (version unique au menton) ou à la Josh Holloway* (version doublette sur les joues) *Sawyer pour ceux qui regardent « Lost », pour les autres, elles sont irrécupérables… tant pis pour elles !).

Le trop beau est la plupart du temps le fruit d’un métissage heureux. Il faut vivre avec son temps. Au revoir la mondialisation. Bonjour l’Europe, Cosmopolite Company. Amis du bout du monde, unissez-vous. Le trop beau est donc né quelque part (chantez-le si vous voulez façon Maxime L.). Son père est un diplomate espagnol (genre Julio I.), sa mère institutrice suédoise, façon Annette Vadim (l’inverse, c’est pour la future generation. Faut pas exagérer).

Le trop beau est hors frontière. Chut ! Ecoutez, son doux accent entre fjords et naranjas quand il vous parle. Parce que le trop beau parle ! Vous vous contenteriez bien de contempler son profil hispano-suédois jusqu’à la fin des temps, mais puisque Dieu l’a aussi doté d’un cerveau, autant en profiter. Ah l’accent, ce fameux piège à filles qui fait crac-boum-hue ! (Jacques, tu l’avais compris avant tout le monde. L’accent corse, ça marche aussi !).

Le trop beau a un problème. Il est poursuivi en permanence par une horde de filles (et pas n’importe lesquelles) : les B5. B5 ! B pour Brune ou Blonde botoxée (du vrai ou du faux, on ne vérifie pas, mais ça se voit quand même). 5 pour tout ce qui se termine par : 5 neurones, 15 cm de talons, 25 ans (âge supposé ça non plus on ne vérifie pas), 95 (C en principe, c’est après botox), 1m75 (talons incorporés possibles). La B5 est la plupart membre du Pétasse club (touché baisé, c’est un peu comme à la bataille navale, jeu de prédilection du trop beau).

Pour leur échapper (parfois le trop beau se lasse), le trop beau s’habille mal. Mais quoi qu’il arrive le trop beau même avec une serpillière reste beau ( « Une serpillière, c’est formidable Thérèse »). Eh oui, un rien habille le trop beau. Un short mal coupé tirebouchonnant sur les genoux, un bob blanc (un peu beauf mais trop beau sur lui), des tongs avec scratch comme les touristes allemands, collection été. Une chemise blanche, un costume anthracite, jamais de cravate (ça serre le cou), chaussures noires à lacets impeccablement cirées, collection hiver.

Jetez les habits du trop beau aux orties grâce au scanner déshabilleur. Nu c’est beaucoup mieux, ça vous permet de découvrir son tatouage en forme de tête de taureau (une erreur de jeunesse et accessoirement son signe astrologique). Sa plastique parfaite vous ne vous en lasserez jamais. Ne fantasmez pas, un trop beau ne vous embrassez jamais. Vous vous ne ferez jamais un trop beau (sauf si vous êtes une B5).

Le trop beau est vif, brillant, spirituel, pétillant. Il coache des chefs d’entreprise, des dirigeants multimillionnaires pour leur apprendre à être et non à avoir.

Le trop beau a des fantasmes sexuels. Tout le monde en a même Paco Rabanne. Lui, son truc, c’est d’éjaculer dans la terre et d’enterrer sa semence. Pour le trop beau, c’est de faire l’amour dans les oliviers. Pas sur l’arbre. Dans l’olivier. Comme Ulysse Il part batifoler, cueillant sur son passage toutes les B5* qu’il peut et ne sait jamais s’il reviendra un jour au port (d’ailleurs ce n’est pas franchement son but). C’est sa marque de fabrique, son « made in drague ». C’est une question d’odeur, de cigales, de ciel, de terre, de bois, de sérénité, de foyer, de divinité. Le trop beau se plaît à se rappeler qu’il est un demi-dieu, une sorte de mythe vivant. Eh oui, on a les fantasmes sexuels qu’on peut !

Le trop beau est un homme pressé comme les jus d’oranges qu’il ingurgite à longueur de journée (sûrement une réminiscence paternelle). Le soir, c’est whisky sec ou champagne à flots (rassurez-vous !).

Le trop beau pour vous aime la vie (chic, un épicurien !), l’amour (sensuel avec ça !), faire la fête (il est sociable), se soûler avec ses potes (mmouais…), dessaoûler en nageant dans la mer jusqu’à épuisement (viril et bien foutu, non ?), ses racines (un homme fidèle à ses origines…), l’Espagne, la Suède (avec des pieds-à-terre), être de nulle part et d’ailleurs (mais nomade) et le hareng au petit-déjeuner (pourvu qu’il se lave les dents !)

Le trop beau pour vous aime les femmes (un bon coup d’après les dîners-filles) et sait être d’une générosité absolue en matière de dons d’organes (surtout le sien qu’il fournit toujours couvert). Sa conception de la fidélité ne dépasse jamais la date de péremption (une semaine maximum voire plus en période de vacances, jamais au-delà.) Le trop beau nique le Pétasses Club mais ne leur parle pas.Vous, il vous parle, mais ne vous nique pas. C’est comme ça !

Vous essayez la masturbation joyeuse de votre verre à pied rempli de Chablis (première tentative), face à lui. Pouce et index serrés et vous montez, vous descendez, vous montez, vous descendez, les yeux plantés dans les siens… en vain. C’est le ramequin de cacahuètes qu’il mate. Rien à faire. Echec et mat du signal de la jolie fille (intelligente, jeune, en bonne santé, perdu deux kilos la semaine dernière, cheveux lavés hier soir, pas de persil entre les dents) au trop beau. Le trop beau s’en fiche. Le trop beau pour vous est narcissique (forcément, il lui faut bien un défaut !).

Le trop beau se lasse des fêtes bien arrosées (ah bon ?). Il en a assez, les filles qui se jettent à son cou (Rien à voir avec vous !) Il y en a même qui le prennent, l’exhibent comme un bel objet (genre t’as vu, je me suis fait un trop beau). Le trop beau ne veulent plus jouer les princes consorts (qu’on sort ?) Pauvre chéri !

Bien sûr, il y a les B5 mais maintenant c’est fini tout ça car le trop beau est un loup qui a trop croqué de petits chaperons rouges (depuis hier ?) Le rêve profond et unique du trop beau est de fonder une famille (moi aussi ! moi aussi !). Etre à la tête d’une tribu avec beaucoup d’enfants (moi aussi ! moi aussi !) La familia (soupir) Une grande tablée sous l’olivier centenaire dans le patio de son grand-père (gros soupir plus battements de cils). Se poser loin de la foule avec la femme de sa vie (moi ! moi !) Se faire un plateau télé à deux lovés dans son Chesterfield préféré (Oh oui, j’adore vas-y demande-le moi…)

Le trop beau sait l’amitié, la perte, la culpabilité, le manque, le deuil, la mise en bière, l’enterrement (si seulement il n’avait pas la main sur les genoux). Le trop beau pour vous se brise devant vous (aaargh, lui caresser la joue). Son meilleur ami vient de mourir dans un accident de moto (le consoler en le prenant dans vos bras). Votre main a traversé plus de la moitié de la table et franchi la ligne de courtoisie. Elle gît seule abandonnée comme un poulpe tandis que les siennes sont sous la table (deuxième tentative). Chou blanc. Pourquoi ce flot de parolé parolé (prononcez comme Dalida) Mais où sont les caramels-bonbons et chocolats ?

Le trop beau pour vous a un problème dans la vie… Vous ! Il ne fait pas la différence entre vous et son psy, vous et sa sœur, vous et son pote de régiment.

Quand il vous voit, le trop beau vous embrasse comme du bon pain sur les deux joues et vous tape dans le dos. Il ne vous appelle jamais. Il vous envoie des textos protecteurs quasi religieux où il écrit « Dieu nous garde » ou « Prends soin de toi ».

Le trop beau pour vous accepte de danser un slow avec vous, mais refuse la salsa qui suit et court se réfugier dans les jupes d’une B5 qu’il butine dans les toilettes de la boîte d’une nuit, sous vos yeux ébahis. Le trop beau pour vous aime se confesser à vous, mais vous voit avec parcimonie, de loin en loin.

Vous, vous avez focalisé (troisième tentative) sur sa nuque que vous vous câlinez de votre main droite (tant pis vous avez craqué et atteint cette petite touffe de cheveux bruns drus et épais), au moment de partir en l’attirant vers vous pour lui planter deux baisers lascifs sur les joues. Tandis que lui vous tapote fermement l’épaule gauche comme si vous aviez fait les paras ensemble et conclut en guise d’au revoir : - Tu sais, au fond, toi et moi… On est pareils.


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