L’Excentrique pileux (LE RETOUR)

V’là le printemps qui se réveille, t’as le bonjour du printemps (Michel F. si tu me lis…). Les filles (toutes des Barbara Gould, je vous dis) se dénudent, enlèvent leur triple épaisseur, raccourcissent leur jupette, montrent leurs gambettes (avec Ambre solaire no trace bronzeur, sauf derrière les genoux) et leurs doigts de pieds (top érotique).
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Têtes nues, les filles assurent en Rodier (ça, c’est les quinquas), les ados envahissent les pelouses en Morgan (de toi) et les trentenaires s’éclatent en Gérard Darel (chic et cher).

Pendant ce temps où le soleil brille précurseur d’un été chaud dans les tee-shirts dans les maillots ! (ça brûle pour Stone et Charden), l’excentrique pileux s’adapte.

La version hiver (le petit flocon sur le matelas) devient la version été (le petit soleil sur l’autre côté du matelas). Fuyant les pulls en laine à col roulé, tricoté main, vous ne vous méfiez pas du pull noir en coton et col en V. La sève monte, et pas que dans les arbres…

C’est pourquoi le jour où ce beau brun amateur de salsa vous fait de l’œil, dans ledit pull-over ouvert sur une poitrine imberbe néanmoins avec chaîne en or, vous décidez de tester les effets du nouveau contrat minceur (Contrex). Erreur. Grossière erreur. Mais celui-là danse comme un dieu. Il se déhanche (arrgh !) mieux que Travolta, le samedi soir. Il enflamme la piste et vous envoûte dans un chaloupé collé serré mieux que toutes les lambadas-tango-rumbas-zouks du monde entier. Yes ! Tout le monde vous regarde et… applaudit. Caramba !

Cet excentrique pileux-là aime les années trente, les parfums féminins (il porte Opium), a un diamant à l’oreille gauche. L’excentrique pileux aurait aimé être un artiiiiiiste. Il est photographe (c’est pas mal non plus). Il a un faux air de Kamel Ouali rasé de près (pas comme aux quotidiennes de la Star Ac’), à moins que ce ne soit le côté Ardisson-je-porte-des-lunettes-noires-j’ai-un-petit-cul-serré-dans-mon-pantalon-noir.

L’excentrique pileux veut vous faire rêver. Il est de passage à Paris et séjourne à l’Hôtel Marceau. Bercée d’airs cubains, vous oubliez que l’hôtel Marceau n’a rien à voir avec le Royal Monceau. Et vous vous retrouvez dans un hôtel miteux du VIIIe arrondissement (si, si, il existe).

A peine arrivé, l’excentrique pileux se déshabille (on n’est pas là pour rigoler) et là, vous avez l’impression de voir un mauvais un film de série B, genre l’excentrique pileux le retour !

L’excentrique pileux porte des dessous pas chics du tout, principalement s’il a vu les premières publicités de Jean-Paul Gauthier, sauf qu’avec Jean-Paul ça passe, et que là, vous vous interrogez...

L’excentrique pileux porte un camionneur blanc légèrement trop grand pour lui, aussi s’est-il appliqué à intégrer le bas de son maillot de corps dans son slip kangourou également blanc. L’ensemble ressemble à un justaucorps ajusté genre Billy Elliot. Vous êtes une fille compatissante et votre mère vous a appris la tolérance. Vous ne riez pas. Pas même un sourire (sinon t’auras une tapette). Une fois, le costume de danseur anglais sous Margaret Thatcher ôté, le sublime danseur, qui vous avait tant fait fantasmer, apparaît dans toute sa nudité sauf que...

L’excentrique pileux est sans poils. Sans aucun poil. L’excentrique pileux appartient à la catégorie des gastéropodes sans maison, façon limaçon. D’un côté, ça vous rassure parce que vous savez que l’escargot, lorsqu’il fait l’amour, il enfonce son dard et peut rester ainsi pendant plusieurs heures, (vous l’avez vu à la télé dans un documentaire sur la vie sexuelle des rampants). La perspective de tester le baiser du limaçon (-5/10), c’est comme embrasser une girafe, manger de la gelly, glavioter dans un courant d’air, sucer une queue molle : ça glisse entre les dents, c’est flasque dans la bouche, c’est visqueux sur la langue. Mieux vaut manger un Flamby.

La vision du flan à démouler (10/10) vous arrache un sourire extatique. Moment d’émotion que l’excentrique pileux ajoute à son crédit en se frottant contre vous :

  • Mais, tu piques !

Eh oui, ça n’est pas naturel ! Le danseur de salsa en pull noir à col en V petit cul à croquer est une beauté imberbe et glabre (quel bel adjectif !) mais fausse. La peau lisse est un art qui se travaille pour éviter les démangeaisons, les boutons et les rougeurs. L’excentrique pileux se rase (à l’exception des cheveux, des cils et des sourcils).

Vous êtes en face du genre humain rasé de pied en cap. Un peu comme si vous étiez une Vénusienne sur le point de faire l’amour avec une sorte d’oeuf. Rasé partout (je vous dis) ! Un traqueur du poil (pire qu’une fille), un maniaque, un obsédé sauf qu’à la repousse c’est du scotch britch qui se frotte contre vous. Des coucougnettes épilées, c’est comme les jambes d’une femme quand ça repousse ça finit toujours par piquer et sous vos yeux ébahis on dirait deux bébés hérissons pas réveillés, ben oui ? deux bébés hérissons pas réveillés, ça dort en boule, non ?).

Tout y passe. Les aisselles, le torse, les cuisses, les mollets (comme les cyclistes et les nageurs, sauf qu’il ne fait pas de vélo ni ne va à la piscine), les bras, les doigts de main et de pied, les fesses, le dos. Et le sexe. Oui, oui ! Et le petit oiseau enfin là, il est gros l’oiseau. Et le sexe, alouette. Alouette. Aaaaaah !!!!

Mais l’excentrique pileux a une envie pressante (adieu élégance des années trente). Il fonce dans la salle de bains miteuse du non moins hôtel miteux vous laissant perplexe et songeuse (il y a des hommes qu’on ne devrait jamais voir nus) sur le dessus-de-lit saumon. Après un bruit de chasse d’eau (pas Art déco) et sans équivoque, il ressort triomphant, toujours nu comme un ver, brandissant une tondeuse à la main (Philips), de l’autre une paire de ciseaux (Sicar). S’exclamant, d’un air naïf :

  • Ça te dit d’essayer ? Tu verras, ça change la vie

Petit manuel à l’usage du traqueur de poils

Instruments

  • Tondeuse (éviter l’autoportée Honda 15 CV, privilégier la Calor pro)
  • Rasoir (Gilette Vénus, le rose)
  • Rasoir électrique ( Babyliss Glamour, rose pâle, c’est pour assortir)
  • Blaireau (« Pour faire ma barbe/je veux un blaireau/Graine de rhubarbe/Graine de poireau/Par mes poils de barbe/s’écrie le blaireau/Graine de rhubarbe/Graine de poireau/Tu feras ta barbe/Avec un poireau/Graine de rhubarbe/T’auras pas ma peau. » R. Desnos)
  • Miroir grossissant (avec petites lumières incorporées)

Ingrédients

  • Gel de rasage (« Mauvais poil », premier gel de rasage tout terrain ![sic])
  • Crème pour retarder la repousse (Epil’oubli)

Dimanche. Jour de répit post-clubbing.

Pour chasser le poil, l’excentrique pileux doit s’installer dans une pièce très éclairée. La salle de bains convient parfaitement (privilégier la chambre s’il s’agit d’une partie coquine).

Tout d’abord, se saisir d’une tondeuse (avec ou sans sabot) pour dégrossir l’ensemble : jambes, cuisses, torse, aisselles, verge, testicules. La petite coupe courte ayant été effectuée pour les parties intimes (si vous faites ça à deux, elles ne le sont plus. Forcément !)

Utiliser un blaireau pour répartir en douceur le gel de rasage sur le zob et les coucougnettes. C’est tout doux, ça chatouille, c’est délicieux.

A proscrire ! à bannir ! la mousse de rasage mentholée ! Ça sent bon, mais ça pique ! Ça brûle, même après le rinçage !!

Prendre un rasoir (celui d’une fille fait l’affaire). Si vous êtes seul comme un chien, emparez vous d’un miroir grossissant. N’oubliez aucun poil et admirez au passage votre anatomie (ça fait du bien à l’ego ou ça vous conduit tout droit dans la Seine avec une ceinture de plomb).

Rincez à l’eau tiède à la douche (c’est charmant) ou au bidet (c’est désuet).

Pour les finitions, utiliser un rasoir électrique (c’est plus rapide) ou un épilateur électrique (c’est plus high-tech), puis massez la zone (érogène) avec une crème de retard de repousse (achetée en parapharmacie) afin d’hydrater et d’adoucir.

Toujours entretenir son épilation tous les deux jours (c’est pour éviter les démangeaisons et l’effet paillasson). Ça prend environ 3mn (pour Edouard aux mains d’argent), 30 mn et plus (pour François Pignon). Deux fois par mois, faire un gommage corporel.

Bien sûr, pour les kamikazes, il y a la méthode du fil (c’est plus ciblée et ça fait super mal).

Pour les masos, il y a le laser (c’est bruyant et douloureux). C’est une méthode ultra-raciste. Seuls, les bruns ont droit de cité. Les poils blonds, il s’en fout, ça ne part pas !

Et puis, il y a la bonne vieille méthode ancestrale de la cire. La plus naturelle c’est la cire orientale. Méfiez-vous des préparations maison (sucre, citron), mal dosées c’est super glu au miel assurée !

C’est fini ! Vous voilà tout beau tout glabre, tout doux jusqu’à mardi !


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